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Soutenance de thèse - S. Homola

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Nous avons le grand plaisir de vous annoncer la soutenance de thèse de Stéphanie Homola, doctorante à l’EHESS.

Titre de la thèse :

« Connaissances du destin. Anthropologie des pratiques de divination contemporaines en Chine et à Taïwan »

JURY

Directeur de thèse : M. Jean-Claude GALEY, Directeur d’études à l’EHESS

Mme Fiorella ALLIO, Chargée de recherche, CNRS

Mme Brigitte BAPTANDIER, Directrice de recherche, CNRS

M. Vincent GOOSSAERT, Directeur d’études, EPHE

M. Marc KALINOWSKI, Directeur d’études, EPHE, codirecteur

Lieu et date de la soutenance : EHESS - Salle Maurice et Denys Lombard 96 boulevard Raspail 75006 Paris, le lundi 25 novembre 2013, à 9 h 00

Résumé

Exclues du champ institutionnel de la religion au début du 20e siècle et condamnées comme superstitions par les régimes nationaliste et communiste, les pratiques de divination connaissent une nouvelle vague de popularité depuis les années 1990 à Taïwan et plus récemment en Chine populaire. Cette recherche s’appuie sur des enquêtes de terrain menées auprès de devins et de clients à Taipei, Pékin et Kaifeng, sur l’étude de textes mantiques et sur une comparaison avec les pratiques divinatoires en Inde et en Corée du Sud. Le premier axe de ce travail porte sur les processus de légitimation des arts divinatoires et leur adaptation aux classifications modernes des champs du savoir. Il examine le statut de la profession de devin, la circulation des savoirs mantiques, les évolutions du mode de transmission des connaissances et les tentatives d’intégration des arts divinatoires dans le champ académique. Il montre ainsi comment les devins cherchent aujourd’hui à légitimer leur art à travers des catégories telles que la science, le confucianisme et le patrimoine culturel. Au-delà de la catégorisation institutionnelle des savoirs divinatoires, le deuxième axe explore les mécanismes cognitifs à l’œuvre dans les pratiques divinatoires à partir de l’étude des techniques et du parcours de consultations des clients. Il s’intéresse au mode opératoire des systèmes divinatoires et à leur efficacité dans la prise de décision et le pilotage du destin. Ce travail montre ainsi que les systèmes divinatoires constituent non seulement, pour les acteurs, un outil de connaissance du monde social mais qu’ils donnent également accès à une nouvelle intelligence de l’organisation sociale.

Although divinatory practices have been excluded from institutional religions from the beginning of the 20th century and condemned as superstition by the nationalist and communist governments, they have been experiencing a new wave of popularity in Taiwan since the 1990s, and more recently in Mainland China. This research is based on fieldwork conducted with fortune-tellers and their clients in Taipei, Beijing and Kaifeng, on the study of mantic texts and on a comparison with divination practices in India and South Korea. This work first focuses on the legitimization process of divinatory arts and on the way they have been adapted to modern fields of knowledge. It looks into the work and status of fortune-tellers, the circulation of mantic knowledge, as well as changes in the transmission of divinatory arts and attempts to integrate them in the academic field. It shows how today’s fortune-tellers seek to legitimize their art through categories such as science, Confucianism and cultural heritage. Beyond the institutional categorization of divinatory knowledge, this work also explores the cognitive mechanisms involved in divination practices, based on the study of mantic techniques and on clients’consultations. It underlines how divination systems operate and how they help petitioners to make decisions and monitor their fate. This research shows that divination systems do not only work as an information tool that guides the people involved through the social world, but they also provide significant insights into the social organization.


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